Le Zimbabwe a enregistré environ 15,9 milliards de dollars d'entrées de devises sur les neuf premiers mois de 2026, contre 11,9 milliards un an plus tôt, soit une progression d'environ 34%. Cette hausse résulte de la bonne tenue des recettes d'exportation et des transferts de la diaspora. La banque centrale a ainsi pu reconstituer ses réserves de change, dans un contexte de relative stabilité du ZiG face au dollar américain. Ce renforcement de la position extérieure soutient la confiance des investisseurs et la capacité d'importation du pays, bien que la soutenabilité de cette dynamique reste à confirmer sur l'ensemble de l'exercice.
La Banque de réserve du Zimbabwe (RBZ) a abaissé son taux directeur de 30% à 27,5% lors de la réunion de son Comité de politique monétaire du 28 septembre 2026, invoquant une inflation maîtrisée et une activité économique soutenue attendue en 2026. L'institution prévoit une inflation annuelle inférieure à 7% à fin décembre. Cette détente monétaire intervient après une longue période de taux élevés destinés à contenir la dépréciation du dollar zimbabwéen et l'hyperinflation. Pour les investisseurs, ce signal confirme une normalisation progressive de la politique monétaire, mais le Zimbabwe reste hors zone UEMOA/CEMAC et son accès aux marchés de capitaux régionaux demeure limité.
Le gouvernement du Zimbabwe et le Chirundu Border Consortium (CBC) ont annoncé la clôture financière du projet de modernisation du poste-frontière de Chirundu, situé sur le corridor Nord-Sud reliant le Zimbabwe à la Zambie. Ce partenariat public-privé vise à améliorer les infrastructures douanières et à réduire les délais de passage des marchandises, alors que Harare cherche à renforcer l'efficacité de ses principaux corridors commerciaux régionaux. Le projet s'inscrit dans une dynamique plus large de modernisation logistique en Afrique australe, où les goulets d'étranglement frontaliers pèsent sur les coûts du commerce intra-régional. Aucun montant d'investissement n'a été précisé dans l'annonce.
La National Railways of Zimbabwe (NRZ) négocie avec la Banque africaine d'import-export (Afreximbank) un financement de 115 millions USD pour acquérir dix locomotives et renforcer le transport du lithium et du chrome. Le rebond des cours de ces minerais accroît les besoins logistiques du pays, dont le rail a perdu une large part des flux au profit du camionnage. Ce prêt, s'il est bouclé, soutiendrait la reprise minière zimbabwéenne et le corridor d'exportation vers les ports régionaux. Il illustre le rôle croissant d'Afreximbank dans le financement des infrastructures africaines.
Le groupe minier Tharisa a annoncé le 11 septembre la réussite d'un placement d'obligation senior garantie de 300 millions USD, destiné principalement à financer la construction de la mine de platine Karo au Zimbabwe. La mise en production est prévue au second semestre 2027, avec une capacité cible de 226 000 onces par an. Cette levée intervient dans un marché des métaux du groupe du platine marqué par des déficits structurels ces dernières années, ce qui renforce l'attrait du projet pour les investisseurs. L'opération illustre la dynamique des financements obligataires dans le secteur minier africain, portée par la demande mondiale en platine et métaux associés.
LOHUM, société indienne spécialisée dans les minerais critiques, a annoncé le 9 septembre l'expédition d'une première cargaison de minerai de lithium extraite de ses actifs au Zimbabwe, premier producteur africain du métal. L'opération s'inscrit dans la stratégie d'approvisionnement de New Delhi en minerais critiques. Le Zimbabwe cherche toutefois à dépasser le stade de l'extraction brute pour développer une transformation locale à plus forte valeur ajoutée. Cette première cargaison marque une avancée concrète des investissements indiens dans la filière, mais la montée en gamme industrielle reste à construire.
Le groupe sud-africain Valterra Platinum (ex-Anglo American Platinum) a signé une feuille de conditions contraignante pour l'achat de concentré de métaux du groupe du platine (MGP) auprès de la future mine Karo, au Zimbabwe. Annoncé le 27 août 2026, cet accord sécurise les débouchés commerciaux du projet avant son entrée en production, réduisant les incertitudes et garantissant des revenus futurs. Cet engagement renforce la viabilité du projet Karo, un actif stratégique pour le Zimbabwe, et illustre la dynamique d'investissement dans le secteur minier africain.
Selon Citigroup, le Zimbabwe est sur la voie d'un redressement économique rapide, porté par l'essor minier, la stabilité de la nouvelle monnaie adossée à l'or (introduite en 2024), et des réformes sous l'égide du FMI. Cette perspective positive pourrait attirer des investisseurs vers le secteur minier zimbabwéen, notamment l'or et le platine. Le pays, qui sort d'une longue crise, voit sa crédibilité financière s'améliorer, avec des implications pour les marchés régionaux et les flux d'investissement en Afrique australe.